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Hépatite C : dépistage et diagnostic
Expert : Professeur Dominique VALLA
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Questions |
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| Chaque français doit-il se faire dépister pour l'hépatite C ? En pratique, que doit faire quelqu'un qui veut se faire dépister ? |
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| Dans le cadre de l'évaluation de la maladie, à quoi sert la biopsie du foie ? Pourquoi une organisatin des soins en réseaux dans l'hépatite C ? |
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| Quelques chiffres sur la fréquence de l'hépatite C en France ? En l'absence de symptômes, quel est l'intérêt d'avoir un dépistage ? |
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Si vous souhaitez davantage de détails sur ce sujet, la SNFGE vous conseille :
On entend beaucoup parler actuellement dans les médias de l'hépatite
C ; chaque français doit-il se faire dépister ?
Professeur Valla : la réponse est clairement non, chaque français
ne doit pas se faire dépister. Il faut cibler le dépistage chez
les personnes qui ont un risque d'être exposées à l'hépatite
C. On commence à connaître assez bien un certain nombre de facteurs
de risques : les transfusions et, par extension, les gens qui ont peut-être
eu des transfusions même s'ils ne sont pas au courant de çà
(hospitalisation prolongée pour une maladie ou un accident grave, séjour
en réanimation). Le deuxième groupe clairement défini se
sont les gens qui, même une seule fois dans leur vie, ont utilisé
des drogues par voie intraveineuse qu'ils aient le souvenir ou pas d'avoir partagé
l'utilisation de la seringue ou de la paille. C'est un point très important
: il ne faut pas parler de toxicomanes parce qu'il y a beaucoup de gens qui
se sont shootes une ou deux fois et qui ne sont pas toxicomanes. Pourtant ils
sont à risque d'avoir attrapé l'hépatite C. C'est le deuxième
groupe. Le troisième groupe est moins bien défini parce qu'il
y a très peu d'hépatites C dans ce groupe. Ce sont les gens qui
ont eu des soins médicaux en général assez répétés,
des explorations, surtout quant il y a eu des gestes qui ont impliqué
la traversée de la peau par des instruments. Après il n'y a pas
lieu de faire de dépistage de l'hépatite C. Alors souvent on me
pose la question : quand on est fatigué, faut-il rechercher l'hépatite
C ? C'est une des causes qui peut être éventuellement cherchée
mais en l'absence des facteurs de risque que j'ai cités, cela est rare.
En pratique, que doit faire quelqu'un qui veut se faire dépister
?
Professeur Valla : Ce dépistage prend la forme d'une prise de
sang avec recherche des anticorps dirigés contre le virus de l'hépatite
C. Quand ce test est positif, cela va dire au médecin que le patient
a rencontré un jour le virus de l'hépatite C. Après il
faudra répondre à la question : le virus est-il encore présent
? Cela nécessite un autre test, également sur une prise de sang.
Dans le cadre de l'évaluation de la maladie, à quoi sert la
biopsie du foie ?
Professeur Valla : La biopsie du foie a beaucoup d'intérêt.
Mais comme elle permet de répondre à plusieurs questions à
la fois, il faut se demander avant de la faire à quelle question on veut
répondre. La première fois qu'on voit un patient, la question
est: l'hépatite C est-elle responsable de lésions ? Puis la deuxième
question c'est : Est-ce que les lésions qu'on voit dans le foie sont
bien dues à l'hépatite C ? En effet, s'il y a consommation d'alcool
ou un excès de poids, les lésions qu'on peut voir peuvent ne pas
être dues à l'hépatite C et la biopsie permet de le savoir.
Mais si la question est juste de savoir si il y a une grosse cicatrice qui résulte
de l'évolution de l'hépatite C pendant des années sans
qu'on le sache, il y a des tests qui peuvent parfois remplacer la biopsie du
foie. Mais ils ne répondent qu'à la question concernant la grosse
cicatrice sans répondre aux autres questions auxquelles peut répondre
la biopsie.
On entend parler de réseaux dans l'organisation de l'hépatite
C. Puis-je être pris en charge près de mon domicile ou dois-je
consulter obligatoirement un spécialiste hospitalier ?
Professeur Valla : L'idéal c'est le réseau. D'abord parce
que quand on a une hépatite C, on n'est pas protégé du
rhume, de la grippe, de la douleur aux articulations et c'est le médecin
généraliste qui va gérer ces problèmes et s'il est
bien informé sur l'hépatite C,il pourra répondre de tout.
La deuxième raison c'est que l'hépatite C est quelque chose d'assez
simple à prendre en charge parce que c'est assez stéréotypé.
Il y a la possibilité pour les médecins généralistes,
dans le cadre d'un réseau, recevant une formation, ayant des contacts
avec des spécialistes, de prendre en charge le patient pour son hépatite
C jusqu'à un point assez profond. Par ailleurs, on a tout avantage à
ne pas aller d'emblée à l'hôpital qui actuellement est un
peu submergé et d'y réserver les cas difficiles ou graves. Ce
n'est pas parce que c'est difficile que c'est forcément grave.
Pouvez-vous nous donner quelques chiffres sur la fréquence de l'hépatite
C en France ?
Professeur Valla : On dit qu'en France c'est environ 500.000 à
600.000 personnes dont probablement un gros tiers ou entre un tiers et la moitié
qui ont des lésions extrêmement minimes qui ne nécessiteront
pas de traitement parce que sans risque d'évoluer vers une forme sévère
à long terme, à condition qu'il n'y ait pas les autres facteurs
dont j'ai parlé c'est à dire pas d'alcool, pas d'excès
de poids et pas une autre maladie du foie associée. Donc il y a toute
une masse de gens qui actuellement n'est pas dépistée mais qui
probablement n'a pas des lésions majeures. Il faut se focaliser évidemment
sur les gens qui ont des lésions importantes qui vont déboucher
plus tard sur des complications.
Le plus souvent, les patients ayant le virus de l'hépatite C n'ont
pas de symptômes. Quel est l'intérêt pour eux d'avoir un
dépistage ?
Professeur Valla : Il y a beaucoup d'intérêt. Le premier
c'est de pouvoir agir sur les modes de vie qui pourraient aggraver l'évolution
de l'hépatite C. A mon avis, c'est le principal intérêt.
Par exemple, la consommation d'alcool qui peut être trop élevée
même si elle ne fait pas des gens des alcooliques au sens commun. Deuxièmement
de vérifier que les gens n'ont pas un excès de poids (çà
a plein d'avantages par ailleurs), de traiter une hypercholestérolémie
ou un diabète. Enfin, cela va être de décider un traitement.
Bien sûr, le traitement actuellement disponible est lourd mais dans des
populations qu'on peut définir à l'avance, il est extrêmement
efficace puisqu'il permet d'éliminer le virus définitivement dans
70 à 80 % des cas. La quatrième raison c'est de savoir si, malgré
tout, l'hépatite n'a pas une certaine gravité et à ce moment
là de pouvoir agir sur les complications éventuelles.
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