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Les hémorroïdes

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Expert : Professeur Laurent SIPROUDHIS
Service de gastroentérologie - CHU de Rennes

Questions

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Les hémorroïdes, c'est quoi exactement ?

Les hémorroïdes ont-elles un rôle ?

Qu'est-ce qui va déclencher l'apparition de symptômes ?

Les hémorroïdes peuvent-elles cacher une autre maladie ?

Quels sont les premiers traitements à mettre en œuvre ?

Quand faut-il envisager d'autres traitements ?
En pratique, pouvez-vous préciser ce qu'est un traitement instrumental ?
Y a-t-il encore une place pour la chirurgie des hémorroïdes ?

 

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Texte de l'interview

Les hémorroïdes, c'est quoi exactement ?
Professeur Siprouhdis : Ce sont des structures anatomiques normales qui siègent dans le canal anal et qui s'apparentent à des sortes de petits coussinets d'étanchéité. Il faut savoir qu'un certain nombre de personnes souffrent d'une inflammation ou d'une mobilité excessive de ces petits coussinets. Et c'est souvent sous ce terme anatomique que les gens consultent.

 

Si tout le monde a des hémorroïdes, c'est qu'elles doivent servir à quelque chose ?
Professeur Siprouhdis : Les hémorroÏdes servent en fait de coussinets, de joints d'étanchéité dans le canal anal pour que les gens arrivent à retenir de façon très fine et faire la différence entre gaz et selles.

 

Qu'est-ce qui va déclencher l'apparition de symptômes ?
Professeur Siprouhdis : De façon traditionnelle, beaucoup de facteurs ont été impliqués dans la survenue de signes hémorroïdaires. La liste est extrêmement longue mais quand on s'attache aux données qui ont été clairement démontrées, il y a deux grands cadres qui peuvent être responsables de signes hémorroïdaires : 1) d'une part la période qui entoure l'accouchement, c'est à dire le dernier trimestre de la grossesse et la période qui suit immédiatement l'accouchement et 2) les troubles du transit intestinal qu'il s'agisse de constipation ou plus fréquemment de diarrhées.

 

Les hémorroïdes peuvent-elles cacher une autre maladie ?
Professeur Siprouhdis : Les hémorroïdes s'expriment par des signes que d'autres pathologies peuvent prendre également. Elles peuvent saigner, faire mal et ces signes peuvent être en rapport avec d'autres maladies comme le cancer ou l'inflammation de l'intestin.

 

Quels sont les premiers traitements à mettre en œuvre lorsqu'on a des symptômes hémorroïdaires ?
Professeur Siprouhdis : Les symptômes qui amènent à consulter peuvent être des signes qui alarment le malade notamment la présence de sang au moment de la selle ou des signes qui sont fréquents ou répétitifs et gênants comme les suintements ou l'existence de ce qu'on appelle une procidence anale, c'est à dire quelque chose qui ressort de l'anus lorsqu'on va à la selle. Les traitements sous forme de crème ou de suppositoires sont souvent réservés aux périodes de crises passagères hémorroïdaires c'est à dire de signes douloureux, de tension, de gêne qui vont durer peu de temps durant 4, 5 ou 6 jours mais ces traitements n'ont pas d'efficacité bien démontrée pour éviter la survenue de nouvelles crises ou dans les formes chroniques de la maladie.

 

Quand faut-il envisager d'autres traitements ?
Professeur Siprouhdis : Chez les personnes qui souffrent de façon régulière d'hémorroïdes soit sur le mode de douleurs soit sur le mode de cette fameuse procidence soit sur le mode de saignements et quand les symptômes sont répétitifs, on peut être amené à proposer un traitement de fond pour éviter la survenue de ces récidives. Ces traitements de fond se répartissent en deux groupes : instrumentaux et chirurgicaux. Les traitements instrumentaux sont des méthodes qui tendent à fixer les hémorroïdes à l'intérieur du canal anal pour éviter qu'elles ne se traumatisent lors du passage de la selle ; ces traitements peuvent être effectués par un geste très simple à la consultation sans anesthésie.

En pratique, pouvez-vous préciser ce qu'est un traitement instrumental ?
Professeur Siprouhdis : Ces traitements se font dans le canal anal, en introduisant un appareil qui va renforcer le tissu de soutien des hémorroïdes, soit en injectant un produit sclérosant, soit en réalisant un petit suçon au sommet de ces hémorroïdes c'est ce qu'on appelle la ligature élastique.

 

Y a-t-il encore une place pour la chirurgie des hémorroïdes ?
Professeur Siprouhdis : On parle beaucoup de chirurgie hémorroïdaire et pourtant elle ne s'adresse qu'à un petit nombre de gens. On peut considérer globalement qu'environ 4 à 10 % de la population souffrent d'hémorroïde, qu'un tiers seulement de ces patients vont consulter et parmi ceux-ci, seuls 3 à 8 % des malades se verront proposer un traitement chirurgical. Donc c'est une infime minorité. On propose ce traitement chirurgical principalement aux gens pour lesquels les techniques dites instrumentales ont échoué et qui restent très gênés par leur maladie hémorroïdaire.

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