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Mise à jour le : 09/02/2007 3. Cancer du côlon Mise à jour le : 09/02/2007 3.1. Généralités 3.1.1. Définition le côlon est en amont de la jonction recto-sigmoïdienne, située à plus de 15 cm de la marge anale en rectoscopie et au dessus du corps de la 3ème vertèbre sacrée (de profil au dessus du promontoire ). Pour les choix thérapeutiques les cancers de la partie haute du rectum sont considérés « comme » des tumeurs du côlon en raison de leur risque évolutif similaire
Mise à jour le : 08/02/2007 3.2. Explorations pré-thérapeutiques 3.2.1. Bilan d'extension - Examen clinique - Echographie ou scanner spiralé abdomino-pelvien avec contraste (si doute à l'échographie ou obésité : scanner spiralé avec contraste ou IRM) - Radiographie pulmonaire face + profil ou scanner thoracique - Coloscopie (si incomplète en pré-opératoire, il faut la prévoir dans les 6 mois post-opératoires.) - Opacification radiologique seulement si occlusion aiguë, coloscopie incomplète ou problème de repérage (lavement aux hydrosolubles, lavement baryté ou coloscanner selon les cas et la disponibilité) - Dosage de l'ACE (accord d'experts)
3.2.2. Recherche de prédisposition génétique Interrogatoire :
- recherche de cancers épidémiologiquement liés : endomètre, ovaire, grêle, uretère ou cavités excrétrices rénales
- recherche d'antécédents familiaux de cancers
3.2.2.1. HNPCC (syndrome de Lynch) : présence de tous les critères d'Amsterdam II Au moins 3 sujets atteints de cancers du spectre HNPCC (côlon-rectum, endomètre, ovaire, grêle, uretère ou cavités excrétrices rénales) dont 1 uni aux 2 autres au premier degré; au moins 2 générations successives concernées; au moins 1 cancer diagnostiqué avant l'âge de 50 ans; tumeurs vérifiées par examen ana-path.
Les formes incomplètes sont fréquentes et certains critères doivent faire entreprendre une enquête à la recherche d'un HNPCC. En particulier la conférence d'expertise collective française a retenu des critères cliniques élargis nécessitant la prescription d'une consultation d'oncogénétique d'emblée, (i) aux personnes ayant deux parents au lieu de trois atteints par un cancer du spectre dont un avant l'age de 50 ans, (ii) aux malades ayant un antécédent personnel de cancer, (iii) aux malades de moins de 40 ans.
Dans les autres cas, la recherche du phénotype d'instabilité microsatellitaire (MSI+) présent dans les cellules tumorales à l'aide des techniques de biologie moléculaire permettra une reconnaissance de formes potentiellement prédisposées. Au moins 3 des 5 marqueurs microsatellites testés devront être positifs pour retenir le phénotype d'instabilité microsatellitaire. La présence d'une instabilité microsatellitaire chez un patient de moins de 60 ans ou quelque soit l'âge en cas d'antécédent au 1er degré d'un cancer du spectre HNPCC nécessite alors la réalisation d'une consultation d'oncogénétique. En complément, l'immunohistochimie à la recherche d'une extinction de l'une ou l'autre des protéines de la réparation (MMR) MSH2, MLH1, MSH6 permettra alors d'orienter la recherche de l'altération génétique causale vers l'un ou l'autre gène. En cas d'extinction de MLH1, la recherche de la mutation BRAF V600E est recommandée. Si celle-ci est présente, il n'est pas nécessaire de réaliser un séquençage des gènes MMR. En l'absence de la mutation BRAF V600E ou d'emblée en cas d'extinction de MSH2 ou MSH6 un séquençage des gènes MMR peut être proposé. Cette altération sera recherchée par une prise de sang.
Les indications de recherche d'un phénotype instable MSI+ sont simples
- patient de moins de 60 ans atteint par un cancer du spectre HNPCC
- patient quel que soit son âge, ayant un antécédent familial au premier degré de cancer du spectre HNPCC
3.2.2.2. La polypose adénomateuse familiale Est caractérisée par la présence de plus de 100 adénomes coliques. Sur le plan génétique, les altérations de deux gènes ont été reconnues comme responsables du phénotype : le gène APC, qui est responsable d'une transmission autosomique dominante de la maladie et le gène MYH, qui est responsable d'une transmission autosomique récessive de la maladie. Il peut exister dans les deux cas des formes atténuées de polypose de diagnostic plus difficile. Dans les deux cas, il existe des manifestations extra-coliques bénignes et malignes qui peuvent être responsables d'une morbidité importante (tumeur desmoïde et tumeur duodénale). Un diagnostic génétique direct est possible dans les deux cas, permettant de dépister les sujets à risque des familles et de proposer une chirurgie prophylactique lorsqu'elle est nécessaire.
3.2.3. Classification UICC Les classifications de Dukes et d’Astler-Coller, sources de confusion, doivent être abandonnées.
TNM (UICC 2002)
- Tis : intra-épithéliale ou chorion,
- T1 : sous-muqueuse,
- T2 : musculeuse,
- T3 : sous-séreuse
- T4 : tumeur envahissant la séreuse ou un organe de voisinage
- N0 : pas de métastase ganglionnaire
- Nx : ganglions non évalués
- N1 : 1 à 3 ganglions métastatiques régionaux
- N2 : 4 ganglions métastatiques régionaux ou plus
- M0 : pas de métastase
- M1 : métastases à distance (dont ganglions sus-claviculaires)
L’examen d’au moins 12 ganglions régionaux est recommandé par l’UICC et l’AJCC et un minimum de 8 est nécessaire à l’évaluation correcte du statut ganglionnaire (consensus 1998, FFCD et SNFGE [1]). Quel que soit le stade le pronostic est d’autant meilleur que le nombre de ganglions prélevés et analysés est grand [2].
Stades de la classification UICC 2002-AJCC [3, 4]
- Stade I = pT1-T2 N0 M0 = sous-séreuse intacte sans métastase ganglionnaire
- Stade II A = pT3 N0 M0 = sous-séreuse atteinte sans métastase ganglionnaire
- Stade II B = pT4 N0 M0 = séreuse franchie et/ou perforée, et/ou envahissement d’organes voisins, sans métastase ganglionnaire
- Stade III A = pT1, T2, N1 M0 = envahissement ganglionnaire
- Stade III B = pT3,T4, N1 M0 ‘’
- Stade III C = tous T, N2 M0 ‘’
- Stade IV = tous T, tous N, M1= métastases à distance
Mise à jour le : 09/02/2007 3.3. Traitement 3.3.1. Critères d'opérabilité et de résecabilité
- Bilan en fonction de la consultation d'anesthésie = opérabilité
- L'extension locale (T) et métastatique (M) conditionne la résécabilité :
- si M0 : résection première sauf si envahissement postérieur empêchant une résection en bloc de type R0 du cancer et des organes et structures envahies ; un traitement pré-opératoire pourra dans ce cas être discuté pour rendre résécable cette lésion (niveau de la recommandation: faible niveau de preuve).
- si M1 non résécable : pas d'indication formelle au traitement initial du cancer primitif sauf si syndrome occlusif ou perforation. Une chimiothérapie première peut être discutée (cf colon métastatique) (niveau de la recommandation: grade C).
- si M1 résécables, résection de la tumeur primitive et des métastases en un ou deux temps en fonction des symptômes et des localisations avec ou sans chimiothérapie d'intervalle entre les deux temps selon extension (conférence d'experts sur métastases hépatiques ; janvier 2003),(avis d'experts).
3.3.2. Traitement chirurgical Principe : exérèse
du cancer avec une marge distale et proximale d'au minimum 5 cm, une
marge circonférentielle saine et une exérèse en bloc du méso côlon
attenant avec repérage du pédicule vasculaire (pour les tumeurs de la
charnière recto-sigmoïdienne il faut enlever 5 cm de mésorectum sous le
pôle inférieur de la tumeur). La technique « no-touch » et la ligature
première des vaisseaux sont optionnelles (niveau de la recommandation : grade C). La résection per coelioscopique est possible (niveau de la recommandation : grade A). En cas de doute sur l'existence de métastases hépatiques, une échographie per opératoire est recommandée. Types de résections :
- côlon droit : hémicolectomie droite avec anastomose iléo-transverse
- sigmoïde et côlon gauche : colectomie segmentaire et anastomose colorectale
- jonction recto-sigmoïdienne : résection avec anastomose colorectale
- pour les syndromes HNPCC : une totalisation systématique de colectomie doit être discutée
3.3.3. Traitement adjuvant 3.3.3.1. Généralités : L'examen d’un minimum de 12 ganglions est recommandé. La classification TNM est recommandée. Le nombre de ganglions examinés et le nombre de ganglions envahis ont une valeur pronostique. Dans la classification TNM (UICC 2002) l’importance de l’envahissement ganglionnaire est prise en compte : N1 = 1 à 3 N+ ; N2 = 4 ou plus N+. L’importance respective du T et du N est mieux prise en compte dans la nouvelle classification par stades de l’UICC et de l’AJCC [3, 4]. Les études sur l’intérêt d’analyser le ou les ganglions sentinelles sont en cours. Les études de biologie moléculaire sont à encourager. Afin de les rendre possibles, un prélèvement pour congélation est souhaitable, ainsi que l'utilisation du formol comme fixateur ou la fixation d'un fragment tumoral en éthanol [1].
3.3.3.2. Stade I = T1-T2-N0 = sous-séreuse intacte 3.3.3.2.1. Référence
3.3.3.3. Stade II = T3-T4-N0 = sous-séreuse atteinte (T3 ) ou dépassée ( T4) Le consensus n'est pas absolu mais il existe pour les stades II une hétérogénéité importante [4, 6]. Les stades II recouvrent des situations de pronostic et de bénéfice potentiel d'une chimiothérapie adjuvante très différents. Par exemple, les tumeurs T4 ont un pronostic péjoratif en analyse multivariée [4]. L'analyse de la littérature doit donc tenir compte de cette réalité. L'étude INT0089 dans une analyse multivariée ne retrouve pas l'occlusion comme facteur de mauvais pronostic [25]. Les tests d'interaction sur les essais NSABP C01-4 ont montré que les stades II bénéficiaient d'une diminution relative de mortalité identique à celle des stades III (test d'interaction négatif) [9]. Les différentes méta-analyses ne sont pas concluantes en raison de leurs résultats contradictoires[9, 10, 11, 12, 13]. Deux sont en faveur d'un bénéfice thérapeutique d'une chimiothérapie adjuvante dans les stades II [8, 9]. Une rapporte une différence minime (+2% en survie globale à 5 ans ; p=0,06) avec l'emploi d'une association 5FU-Ac folinique mensuelle avec une puissance modeste, la dernière est négative avec une méthodologie critiquable [12]. L'étude QUASAR 2 [14] (n = 3239), publiée uniquement sous forme de résumé, a comparé une chimiothérapie adjuvante par 5-FU + Ac folinique ± lévamisole à un bras sans chimiothérapie adjuvante chez des patients porteurs de cancers colorectaux (92% de stades II dans une population mélangée de 71% de cancer du colon et 29% de cancer du rectum). Les résultats montrent un gain absolu de 2,9% en survie globale à 5 ans en faveur du groupe CT pour toute la population (p=0,02 et pour les stades II p = 0,04). L'étude MOSAIC a rapporté, pour les stades II à haut risque (T4 ou occlusion ou perforation ou tumeur peu différenciée, invasion veineuse ou lymphatique ou nombre de ganglions examinés < 10), un gain de 3% de la Survie Sans Maladie (DFS) à 3 ans, en faveur du bras chimiothérapie FOLFOX4 comparé au bras LV5FU2 (Hazard Ratio : 0,72 ; (0,48 - 1,08), NS) [15]. Au vu de ces résultats, l'indication d'une chimiothérapie adjuvante pour les patients avec un stade II est à discuter au cas par cas avec évaluation du rapport bénéfice-risque de cette chimiothérapie adjuvante. Un gain potentiel est à pondérer en fonction de l'exposition aux toxicités de la chimiothérapie et du coût social. Le bénéfice en survie étant modéré (entre 2 à 5 % en valeur absolue selon le risque de récidive), il doit inciter les praticiens a séparer les stades II selon leur risque de récidive [38]:
- risque faible ou modéré de récidive (tumeurs bien ou moyennement différenciées, T3, absence d'emboles veineux, périnerveux et lymphatiques et analyse de plus de 12 ganglions, absence de perforation) ;
- risque élevé (tumeurs peu différenciées, T4, présence d'emboles veineux, périnerveux et lymphatiques, analyse de moins de 12 ganglions, perforation et pour certains occlusion révélatrice).
Il faudrait inclure les patients dans des essais thérapeutiques évaluant spécifiquement l'intérêt des traitements adjuvants dans les stades II en conservant un groupe contrôle chirurgie seule pour les formes de risque faible ou modéré. Les recommandations de la société américaine de cancérologie (ASCO) constituent une aide utile à la discussion avec le patient [16]. Des facteurs biologiques tel que le statut microsatellite instable (MSI) et l'absence de délétion de certains chromosome (LOH 18q) sont maintenant des facteurs pronostiques validés par des études rétrospectives [36]. Leur validation par des études prospectives modifiera probablement nos indications thérapeutiques pour les stades II. D'autres facteurs pronostiques biologiques (signature génétique tumorale, présence d'un infiltrat par des lymphocytes mémoires) seront probablment utilisables à l'avenir [40, 41]. Une hierarchisation de l'ensemble de ces facteurs pronostiques sera nécessaire. Quant aux chimiothérapies orales, l'équivalence démontrée entre le schéma de la Mayo Clinic et la capecitabine [17] pour les stades III, et celle rapportée avec l'UFT comparé au schéma hebdomadaire de 5FU-Ac folinique du Roswell park, pour les stades II et III [18], associé aux données de la méta-analyse japonaise (Meta-Analysis Group of the Japanese Society) sont des arguments en faveur de l'utilisation d'une fluoropyrimidine orale en remplacement d'une chimiothérapie par association 5FU-Ac folinique lorsque celle-ci est choisie (avis d'expert)
3.3.3.3.1. Référence :
- En l’absence de facteurs de mauvais pronostic reconnus : pas de chimiothérapie
- En cas de facteurs de mauvais pronostic : pas de REFERENCE
3.3.3.3.2. alternatives : - En cas de facteurs de mauvais pronostic reconnus (T4, perforation, ou tumeur peu différenciée, ou invasion veineuse lymphatique ou périnerveuse, ou nombre de ganglions examinés < 12) : une chimiothérapie peut être proposée aux patients n'ayant pas de comorbidité, en bon état général. En l'absence de preuve de niveau A d'efficacité et de consensus dans cette situation la prudence est souhaitable ainsi que l'explication aux patients de la balance bénéfice/risque dans leur cas. Les schémas proposés doivent avoir peu de risque toxique : LV5FU2, fluoropyrimidines orales, voire FOLFOX4. En cas d'utilisation du protocole FOLFOX4, l'oxaliplatine devra être interrompu dès l'apparition d'une neurotoxicité de grade 2 persistante (cf infra). (Accords d'experts)
3.3.3.3.3. essais en cours :
Absence d'essai en cours. l'essai PETACC 4 a été interrompu et l'essai AVANT a atteint son quota d'inclusion dans les stades II
3.3.3.4. Stade III = tous pT –N1 ou N2 = envahissement ganglionnaire Les chimiothérapies adjuvantes par FUFOL pendant 6 mois : le FUFOL fort (essai FFCD 8802-IMPACT [19, 20, 21]) ou le FUFOL faible [22, 24, 25]) diminuent d'environ 12 à 16 % le risque absolu de décès à 5 ans [20, 23]. L'association FUFOL-levamisole n'a plus d'intérêt. Le protocole LV5FU2, est aussi efficace et mieux toléré que l'association FUFOL forte dose. Le 5FU en perfusion continu selon un des 3 schémas européen (LV5FU2, TTD, AIO) est aussi efficace et mieux toléré que l'association FUFOL faible dose (Mayo clinic) [26, 27, 42]. Le protocole FOLFOX 4 (LV5FU2 + LOHP (oxaliplatine, EloxatineR) 85 mg/m2/14j) pendant 6 mois a montré un effet thérapeutique significatif dans l'étude MOSAIC qui a inclus 2246 patients (stade II, 40% et stade III, 60%) par rapport au protocole LV5FU2 sur le plan de la survie sans récidive (RFS) à 3 ans (77,8% vs 72,9% ; p=0,01) [28] confirmé à 4 ans [29]. Les résultats sur la survie globale ne sont pas connus et la réduction du nombre des récidives a été de 5% en chiffre absolu avec une majorité de tumeurs de stade III [28]. L'étude C06 du NSAPBP a confirmé l'intérêt de l'oxaliplatine en association avec le schéma hebdomadaire du Roswell Park en montrant une amélioration de 4,9% de la survie sans maladie (DFS) à 3 ans [30]. Ces résultats sont reconnus comme significatifs dans la mesure où une analyse poolée de nombreux essais (ayant utilisé le 5FU et non l'oxaliplatine) a montré une excellente corrélation entre DFS et survie globale [31]. Les combinaisons associant Irinotécan et 5FU n'ont pas démontré aussi clairement leur efficacité dans deux essais de phase III : le protocole IFL est toxique et n'augmente pas la survie sans récidive [32] ; le protocole LV5FU2-Irinotecan, utilisé dans les stades III à haut risque (N2, T4, perforation.), et comparé au protocole LV5FU2, n'a pas montré d'avantage en survie sans récidive (essai ACCORD 02-FFCD 9802) [33]. Cependant l'essai PETACC 3 qui a testé le protocole LV5FU2-Irinotecan comparé au protocole LV5FU2 dans les stades III (et les stades II dans le cadre de l'étude associée V 307) a montré un bénéfice non significatif en survie sans maladie incluant les seconds cancers non colo-rectaux (DFS pour les stades III, objectif principal de l'essai p=0,091) mais significatif pour la survie sans maladie n'incluant pas les seconds cancers non coliques (RFS pour les stades III, objectif secondaire de l'essai ; p=0,045), ce qui correspondait à la définition de la DFS utilisée dans l'essai MOSAIC [34]. La chimiothérapie adjuvante à base de 5FU pour des patients sélectionnés de plus de 70 ans produit le même bénéfice que pour les patients de moins de 70 ans sans augmentation significative de la toxicité [35]. Cependant, il n'existe pas de données bien documentées au-delà de 80 ans.
3.3.3.4.1. stade III : référence Chimiothérapie post-opératoire par FOLFOX 4 administrée pendant 6 mois, et commencée si possible avant le 42e jour post-opératoire (niveau de la recommandation : grade B) ou par FOLFOX 4 simplifié (accord d'experts). L'arrêt de l'administration de l'oxaliplatine est recommandé dès l'apparition d'une neuropathie de grade II persistante (paresthésies douloureuses persistantes entre deux cycles) et obligatoire en cas d'apparition d'une gêne fonctionnelle (grade III) ou d'une réaction allergique. Fixation en formol des prélèvements et si possible congélation d'échantillons de tissu sain et tumoraux pour permettre des études immuno-histochimiques et biologiques ultérieures compte-tenu de l'importance de certaines caractéristiques biologiques comme le phénotype MSI [36, 37].
3.3.3.4.2. Alternatives Chez les patients n'acceptant pas la probabilité
d'une toxicité majorée liée à l'oxaliplatine, ou non candidats à cette
chimiothérapie. Chimiothérapie par : - association 5FU-acide folinique (niveau de la recommandation : grade A) par exemple LV5FU2 standard ou simplifié (accord d'experts) ou FUFOL. - 5FU oral : capécitabine ou UFT, (niveau de la recommandation : grade B) -
association LV5FU2-CPT 11 en cas de contre-indication à l'oxaliplatine
(en particulier réaction d'hypersensibilité) (pas d'accord consensuel
sur ce point entre les membres du groupe de travail).
3.3.3.4.3. essais en cours : - AVANT study (ROCHE - GERCOR) : Randomisation
entre FOLFOX4 (6 mois) FOLFOX4 (6 mois) + Avastin (12 mois) et XELOX (6
mois) + Avastin (12 mois) (activé en décembre 2004). Coordinateur en
France : T André CHU Tenon , 75020 Paris.
- PETACC 8
(FFCD plus intergroupe EORTC-GI, AIO,.): FOLFOX 4 (6 mois) vs FOLFOX 4
+ cetuximab (6 mois) (activé en décembre 2005). Coordinateur : J
Taieb, GH Pitié-Salpétrière, 75013 Paris.
3.3.3.5. Protocoles de chimiothérapie
FUFOL = acide folinique 200 mg/m2/j ou acide l-folinique 100 mg/m2/j en bolus IV de 10 min, puis 5FU 375 mg/m2/j en perfusion de 30 min dans 250 ml de G 5 % de J1 à J5 tous les 28 jours. Option : augmentation du 5FU à 400 mg/m² si bonne tolérance du premier cycle . |
FUFOL faible = acide folinique 20 mg/m2/j ou acide l-folinique 10 mg/m2/j en bolus IV de 10 min, puis 5FU 425 mg/m2/j en bolus IV de 3 min dans du sérum physiologique de J1 à J5 tous les 28 jours. Option : diminution du 5FU à 375 mg/m² chez les patients fragiles ou âgés (> 75 ans) pour le premier cycle |
| LV5FU2 = acide folinique 200 mg/m2 (ou l-folinique 100 mg/m2) en 2 h dans 250 ml G 5 %, rincer, puis 5FU 400 mg/m2 en 10 min dans 100 ml de G 5 %, puis 5FU 1 200 mg/m2
en perfusion continue de 44 h dans G 5 % dans infuseur portable (QSP
220 ml, 5 ml/h ), pompe ou pousse-seringue portable ; à J2, clamper
infuseur de H24 à H26 pour passer AF en 2H et 5FU bolus idem à J1 ;
tous les 14 jours. |
LV5FU2 simplifié
= acide folinique 400 mg/m2 (ou l-folinique 200 mg/m2) en 2 h dans 250
ml G 5%, rincer puis 5 FU 400 mg/m2 en 10 min dans 100 ml de G 5% puis
5 FU 2400 mg/m2 en perfusion continue de 44 h dans G 5% par infuseur
portable (QSP 220 ml, 5 ml / h), pompe ou pousse seringue portable. |
FOLFOX 4 = oxaliplatine (Eloxatine®) + LV5FU2. Oxaliplatine 85 mg/m2 en 2 h dans 250 ml de G 5% en Y de l'acide.folinique au J1 du LV5FU2 toutes les 2 semaines (12 cycles) |
FOLFOX 4 simplifié = oxaliplatine (Eloxatine®) + LV5FU2 simplifié. Oxaliplatine 85 mg/m2 en 2 h dans 250 ml de G 5% en Y de l'acide.folinique au J1 du LV5FU2 toutes les 2 semaines (12 cycles) |
| Capécitabine (Xéloda®)= 2500 mg/m2/j (1250 mg/m2 matin et soir), 2 semaines sur 3 (8 cycles=24 semaines |
| Tégafur-uracile (UFT®) = 300 mg/m2
de Tégafur en 3 prises (de 3 à 6 gél/j en fonction de la surface
corporelle), associé à 90mg/j d'acide folinique, en 3 prises. (ex :
Osfolate® ou Folinoral®, gél à 25 et 5mg, Lederfoline cp à 15mg).
Traitement pendant 4 semaines sur 5. |
Mise à jour le : 08/02/2007 3.4. Surveillance après traitement curatif 3.4.1. Chez les patients capables de supporter une réintervention ou une chimiothérapie : 3.4.1.1. Référence
- Examen clinique tous les 3 mois pendant 3 ans puis tous les 6 mois pendant 2 ans,
- Echographie abdominale tous les 3 à 6 mois pendant 3 ans puis tous les 6 mois pendant 2 ans, (angioscanner spiralé en option ou en cas de doute ou d'échographie non satisfaisante).
- Radiographie pulmonaire ou scanner thoracique annuel pendant 5 ans,
- Coloscopie : Si incomplète ou de mauvaise qualité avant l'intervention à faire dans les 6 mois post-opératoire.
Si complète et de bonne qualité en pré ou post-opératoire , elle sera refaite à 2-3 ans puis tous les 5 ans si normale. Si doute un contrôle à un an. Après exérèse complète de 3 adénomes ou plus d'un adénome à risque (taille > 1 cm, ou contingent villeux, ou dysplasie de haut grade ou carcinome in situ) contrôle à 3 ans puis à 5 ans (ANAES endoscopie basse, avril 2004). Si HNPCC contrôle tous les 2 ans.
3.4.1.2. Alternatives
- L’ACE , d’intérêt non complètement démontré, peut être dosé tous les 2-3 mois les 3 premières années avec bilan en cas d’élévation (accord d’experts).
- TEP scan : en cas de doute sur l’existence d’une récidive ou dans le cadre du bilan d’extension avant traitement d’une reprise évolutive (SOR)
3.4.2. Après traitement palliatif
- cf chapitre Cancer du Côlon métastatique
3.4.3. Dépistage d'autres cancers 3.4.3.1. Chez les apparentés au premier degré d’un malade atteint de cancer avant 60 ans ou de deux personnes atteintes quel que soit leur âge:
- Coloscopie tous les 5 ans à partir de 45 ans ou 5 ans avant l'âge du diagnostic du cas index
3.4.3.2. HNPCC (syndrome de Lynch) Critères d'Amsterdam II (ou Bethesda) voir chap II-B
Si critères d'Amsterdam complets (ou incomplets et phénotype RER+) => consultation d'oncogénétique après information et accord du patient
- coloscopie tous les 2 ans dès l'âge de 20-25 ans ou 5 ans avant l'âge de diagnostic le plus précoce dans la famille.
- gastroscopie tous les 1 ou 2 ans en cas de cancer gastrique dans les antécédents familiaux (avis d’experts).
- examen gynécologique annuel après l'âge de 30 ans, avec échographie endovaginale et frottis
3.4.3.3. Polypose adénomateuse familiale avec caractérisation de la mutation du gène APC : 3.4.3.3.1. si la mutation est retrouvée :
- rectosigmoïdoscopie annuelle à partir de la puberté.
- duodénoscopie avec latéroscope et biopsie de la papille :
- tous les ans si adénome
- tous les 2 ans si normal.
3.4.3.3.2. si la mutation n’est pas retrouvée :
- dépistage => population générale
remerciements aux relecteurs : Jean-Paul Lagasse (CHR Orléans), Gérard Lledo(clinique Saint Jean, Lyon), Yann Parc (CHU Saint Antoine, Paris), Philippe Rougier (CHU Ambroise Paré, Boulogne).
Mise à jour le : 07/12/2006 3.5. Annexe 1 : Algorithme de recherche pour HNPCC
Mise à jour le : 07/12/2006 3.6. Annexe 2 : Algorithme chimiothérapie
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