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de bonnes Pratiques Cliniques © SNFGE, 2004 |
Cancer épidermoïde primitif du canal anal : Introduction
I - INTRODUCTION1. Généralités Le canal anal est la partie terminale du tube digestif
mesurant 3 à 4 cm située entre le rectum et la peau de la marge de l'anus.
Les tumeurs de la marge anale sont classées avec les tumeurs cutanées
(WHO).
Les cancers épidermoïdes du canal anal représentent
95 % des cas de cancers du canal anal. Seuls 5 % sont métastatiques
au diagnostic [6].
Outre le sexe féminin et l'âge, l'homosexualité,
les infections à HPV et le tabagisme sont des facteurs de risque.
Le traitement vise à guérir le patient et à obtenir
le meilleur contrôle local en conservant un sphincter fonctionnel.
Ces dernières années, se sont développés les traitements
conservant le sphincter utilisant la radiothérapie et l'association
d'une chimiothérapie concomitante pour les grosses tumeurs.
2. Diagnostic histologiqueIl distingue les cancers épidermoïdes des autres formes :
2.1. Cancers épidermoïdes :- à grandes cellules kératinisant - non kératinisant (transitionnel) - basaloïde
2.2. Adénocarcinomes :- de type rectal - glandes anales - sur fistule anorectales
2.3. Carcinomes à petites cellules
2.4. Carcinomes indifférenciés
2.5. Autres tumeurs (sarcomes - lymphomes - mélanomes ...)
3. Facteurs pronostiquesLeur connaissance permet de mieux préciser la place des différents traitements dans la stratégie pluridisciplinaire.
3.1. Facteurs pronostiquesa. Sur la survieLe stade T est un facteur pronostique pour de nombreux
auteurs [3,
5,
10,
13,
14,
16,
19].
|
| Institut Curie 1960 |
UICC 1967 |
Institut Curie 1973 |
Papillon 1971 |
UICC 1987 |
|
| T1 |
< 3 cm |
≤ 1/3 de longueur ou de circonférence de canal anal |
Idem |
< 2 cm |
< 2 cm |
| T2 |
3 à 6 cm |
> 1/3 de longueur ou de circonférence de canal anal ou infiltrant le sphincter externe |
Idem |
2 à 4 cm |
2 à 5 cm |
| T3 |
> 6 cm |
Etendue à la peau ou au rectum |
Idem - T3a < 4 cm - T3b > 4 cm |
> 4 cm mobile, sans extension vaginale, < 2/3 de circonférence anale |
> 5 cm |
| T4 |
Envahissement des organes de voisinage |
Envahissement des organes de voisinage - T4a : vagin et/ou vulve - T4b : autres structures de voisinage |
Envahissement des organes de voisinage |
- T4a : extension vaginale > 2/3 de circonférence du canal anal - T4b : autres structures de voisinage en dehors du rectum ou du vagin ; ou tumeur fixée |
Envahissement d'organes de voisinage |
cf II B 2 a
Le toucher anorectal éventuellement réalisé sous AG, précédé d'un examen de la marge anale en écartant les plis radiés, évalue l'extension en hauteur de la tumeur, son extension par rapport à la marge et à la zone de transition anorectale, l'envahissement du bas rectum. Il précise l'extension circulaire, sa fixation à l'espace anococcygien et aux fosses ischio-rectales et ses rapports avec la prostate ou le vagin. Il peut déceler une adénopathie périrectale. Dans les formes antérieures, un toucher vaginal et un examen au spéculum sont nécessaires. La palpation des aires inguinales recherche des adénopathies, qui sont ponctionnées.
Un examen gynécologique avec frottis cervical ou un examen de verge sont nécessaires, avec recherche de lésion HPV associées.
L'anuscopie complète le TR.
Le bilan paraclicnique comprend une radiographie du thorax et un scanner pelvien et hépatique.
a. L'échographie endorectale ou échoendoscopie peut être réalisée :
US - T1 : tumeur envahissant la muqueuse et la sous-muqueuse
US - T2 : tumeur envahissant le sphincter lisse sans le dépasser
US - T3 : tumeur envahissant le sphincter strié
US - T4 : tumeur envahissant les organes de voisinage
US - N0 : absence d'adénopathies
US - N1 : adénopathies péri-tumorale, péri-rectale
US - N2 : adénopathies à distance de la tumeur (au-dessus du pôle supérieur)
Les objectifs sont l'obtention d'un taux de survie élevé avec le meilleur contrôle local et régional. Les taux de conservation sphinctérienne et de sphincter fonctionnel sont également évalués.
Le traitement repose pour les formes limitées sur la radiothérapie et pour les formes étendues sur une association radio-chimiothérapique et/ou chirurgicale.
Le deuxième temps d'irradiation (complément) peut être délivré par radiothérapie externe ou curiethérapie interstitielle à l'Iridium sur les volumes tumoraux initiaux à la dose de 15 à 20 Gy.
L'association de 5 Fluorouracile (600 à 1000 mg/m2 de J1 à J4 ou J5) et de Mitomycine C 10 à 15 mg/m2 à J1) est le standard, renouvelée tous les 28 jours. L'association 5 Fluorouracile (600 à 1000 mg/m2 de J1 à J 4 ou J5) et CIS DDP (80 à 100 mg/m2 en une injection ou sur 5 jours) peut être utilisée en option.
Il ne semble pas y avoir de résistance croisée.
Il associe une radiothérapie externe pelvienne (45 Gy en 25 fractions et 5 semaines) et une chimiothérapie concomitante la 1ère semaine (et la 5ème semaine en option) selon le protocole 5 FU - MITO, ou 5FU-CDDP.
La chimiothérapie d'induction est utilisée par certains avec un taux élevé de réponses.
Traitement conservateur (preuve de niveau A)
Radiothérapie exclusive (preuve de niveau B)
50 Gy / 25 fr / 5 semaines puis complément
Traitement conservateur (preuve de niveau A)
Radiothérapie exclusive (preuve de niveau A)
50 Gy / 25 fr / 5 semaines puis complément localisé
= essai thérapeutique FFCD 9804 - ACCOR 03
Chimiothérapie concomitante et/ou néoadjuvante pour les tumeurs de plus de 4 cm de grande dimension (preuve de niveau D)
Radiochimiothérapie concomitante exclusive (5 FU - MITO) (preuve de niveau A)
45 Gy / 25 fr / 5 semaines puis complément localisé
- Radiochimiothérapie et chirurgie mutilante en l'absence de réponse tumorale
- Radiochimiothérapie concomitante (5 FU - Cis DDP) ou néoadjuvante (preuve de niveau D) = essai thérapeutique FFCD 9804 - ACCOR 03
Aucun
- Radiochimiothérapie exclusive
- Radio-chimiothérapie et chirurgie
Aucun
Chimiothérapie exclusive (preuve de niveau D).
- Radiothérapie pelvienne fonctionnelle
- Chirurgie fonctionnelle
Le but de la surveillance est double :
80 % des récidives surviennent dans les 48 mois après le traitement, et se répartissent en :
- Récidives locales isolées
- Récidives locorégionales
- Récidives métastatiques
- Les récidives locales ou locorégionales sont rattrapables pour le tiers ou la moitié d'entre elles, généralement par AAP.
- La fréquence des rechutes locales est de :
- La fréquence des complications est de 5 à 10 % pour les T1 T2 et 15 à 30 % pour les T3 T4 après traitement conservateur.
- La difficulté de cette surveillance est liée à l'aspect remanié du canal anal après traitement conservateur et aux complications locales que peuvent entraîner des biopsies de contrôle itératives.
- Clinique, avec touchers pelviens, anuscopie, palpation inguinale, tous les 4 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois pendant 3 ans puis annuellement.
- Les biopsies sont à éviter en raison des risques de nécrose après radiothérapie
- En cas de tumeur initialement localement évoluées, un scanner abdomino-pelvien et une radiographie du thorax peuvent être réalisés (option).
Pour consulter l'une des références bibliographiques :
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