© SNFGE, 2008
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Quel est le seuil d'immunoglobulines G de type 4 (IgG4) pour le diagnostic de pancréatite auto-immune ?
N. Lesavre Rosenzweig, S. Desplats, V. Vitton, M. Panuel, M. Gasmi, J. Dagorn, J. Grimaud, M. Barthet

 But

L'apport du dosage des IgG4 pour le diagnostic de la pancréatite auto-immune est très discuté dans la littérature avec une sensibilité entre 71 % et 93 % dans la littérature japonaise et américaine et 23 % à 30 % dans la littérature française. Les différents seuils retenus pourraient expliquer cette discordance. Le but de ce travail était d'évaluer dans une étude prospective les variations de performance diagnostique des IgG4 en fonction du seuil retenu 800 mg/L, 135 mg/L et 280 mg/L.
 

 Matériels et Méthodes

Soixante dix neuf patients, 51 hommes et 28 femmes ont été inclus prospectivement dans cette étude. Soixante et onze avaient une maladie de Crohn et 8 une rectocolite hémorragique avec une durée moyenne d'évolution de l'affection de 10 ans. Trente patients avaient des antécédents de manifestation clinique ou biologique de pancréatite ou biologique d'élévation de l'amylase ou de la lipase. La fonction pancréatique exocrine a été évaluée par mesure de l'élastase fécale et la morphologie des canaux pancréatiques par pancréato-IRM. Les IgG4 ont été mesurés chez tous les patients et leur performance diagnostique évaluée au seuil de 800 mg/L, 135 mg/L et 280 mg/L.
 

 Résultats

Six patients avaient une pancréatite classée idiopathique (groupe PAI) et 23 une pancréatite considérée comme médicamenteuse (PAM). Quarante neuf patients avaient une maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI) sans manifestation pancréatique (groupe C). Dans les groupes PAI, PAM, C, le taux des IgG4 était respectivement de 243 ± 54, 159 ± 41, 228 ± 29 (Kruskal Wallis p = 0,05). Au seuil de 135 mg/mL, le taux d'IgG4 élevé était respectivement de 83 %, 47 %, 65 % (p = 0,19). Au seuil de 280 mg/mL, le taux d'IgG4 élevé était respectivement de 50 %, 14 %, 50 % (p = 0,19). Au seuil de 800 mg/mL, un seul patient du groupe C avait des IgG4 élevés. A 135 et 280 mg/mL respectivement la sensibilité était de 83 et 50 %, la spécificité de 52 et 83 %, la valeur prédictive positive de 33 et 50 %, la valeur prédictive négative de 91 et 83 %. En analyse univariée, le taux des IgG4 n'était pas corrélé avec l'élastase fécale (r = 0,10 ; p = 0,93), la PAP (pancreatitis associated protein ; r = 0,10 ; p = 0,38), la lipase (r = 0,10 ; p = 0,38), mais avec la CRP (r = 0,27 ; p = 0,01) et la PAL à la limite de la significativité (r = 0,20 ; p = 0,08). En régression multiple, il y avait une corrélation significative avec la CRP (p = 0,05), les PAL (p = 0,01). La répartition PAI, PAM et témoins en régression logistique, était significativement associée aux IgG4 au seuil de 135 et 280 mg/mL mais également à l'élastase fécale sans relation avec les résultats de l'IRM, la PAP, la CRP et les Ac anti-pancréas.
 

 Conclusion

Au seuil de 135 mg/L, le taux d'IgG4 est significativement plus élevé chez des patients présentant une pancréatite idiopathique (dont l'origine est probablement auto-immune chez des patients avec MICI) mais cette élévation ne paraît pas spécifique. Le seuil de 280 mg/mL améliore la spécificité au détriment de la sensibilité mais dans tous les cas la valeur prédictive négative dépasse 80 % permettant de différencier les PAI des pancréatites médicamenteuses.
 

 Mots-clés :
Pathologie Pancréatique : Pancréatites Chroniques

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