© SNFGE, 2007
Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résultats finaux d'une étude prospective sur le traitement endoscopique des pseudokystes pancréatiques à partir d'un algorithme décisionnel
M. Barthet, G. Lamblin, M. Gasmi, V. Vitton, C. Subtil, A. Desjeux, J. Grimaud

 But

Le traitement endoscopique des pseudokystes pancréatiques (PK) est devenu un traitement de première intention mais ses modalités restent à définir. Le but de cette étude était de connaître l'apport du drainage sous échoendoscopie en terme d'efficacité ou de morbidité.
 

 Patients et Méthodes

Cinquante patients ont été inclus prospectivement sur une période de 42 mois. L'âge moyen était de 51 ans (3-75 ans) avec 15 femmes pour 35 hommes. Un même algorithme thérapeutique était proposé à tous les patients : en cas de bombement franc sans hypertension portale, un drainage transmural conventionnel sans contrôle échoendoscopique était directement proposé ; en l'absence de bombement ou en présence d'une hypertension portale, un drainage sous échoendoscopie était effectué ; en cas de communication avec un kyste de moins de 5 cm un drainage transpapillaire exclusif était réalisé.
 

 Résultats

Neuf patients avaient une hypertension portale segmentaire et 11 avaient un abcès. Le délai médian de traitement des PK après la pancréatite était de 3 mois (15 jours-12 mois). La taille moyenne des PK était de 12 cm). Vingt quatre PK (48 %) ne présentaient ni bombement ni communication.
 

 Discussion

Le traitement a été réalisé sous échoendoscopie chez 28 patients (56 %), par voie transpapillaire chez 8 patients (16 %) et transmurale sans repérage échoendoscopique chez 13 patients (26 %). Un patient n'a pu être traité par voie endoscopique ou échoendoscopique. La faisabilité technique était de 98 % avec succès clinique dans 88 % des cas et une disparition radiologique chez 94 % des patients avec un suivi moyen de 13,3 mois. Il n'y avait pas de différence significative d'efficacité entre les trois groupes. La morbidité totale était de 16 % (8 cas) : 2 saignements mineurs per-échoendoscopiques, 5 surinfections dans le groupe échoendoscopie et une surinfection dans le groupe drainage conventionnel. La taille des PK et le taux de pancréatite aiguë étaient significativement supérieurs dans le groupe traité par échoendoscopie (respectivement 7 cm vs 9,2 cm ; p = 0,02 et 76,1 % vs 36,8 % ; p = 0,04). Un décès par hémorragie est survenu 7 jours après le traitement sous échoendoscopie chez un patient avec une hypertension portale sévère.
 

 Conclusion

Le traitement sous échoendoscopie des PK permet l'accès à une dérivation endoscopique chez un patient sur deux qui n'aurait pu être traité par voie endoscopique. Il est associé à une morbidité procédurale supérieure dans cette série au drainage conventionnel en raison d'une sélection de pseudokystes "à risque". L'efficacité, proche de 90 %, ne diffère pas selon la méthode d'abord.
 

 Mots-clés :
Echoendoscopie
Cholangio-Pancréatographie Rétrograde Endoscopique
Pancréatites Chroniques

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