Registre du Calvados : Epidémiologie récente des hépatites B et C en population générale C. Pornet, C. Guillemard, A. Vabret, A. Cuquemelle, G. Tarres, G. Launoy, T. Dao
Objectif Détermination de l'incidence et analyse descriptive des nouveaux cas dépistés d'hépatites virales B et C (VHB/VHC) à partir des données 2004-2005 du registre des hépatites du Calvados créé en 2004.
Matériels et Méthodes Recueil exhaustif, actif et continu des données socio-démographiques, clinico-biologiques, virologiques des sujets ayant une sérologie C positive confirmée (test ELISA/PCR) et/ou un antigène HBs positif (AgHBs+), non connus antérieurement. Le signalement des cas se fait par les laboratoires biologiques départementaux et les médecins généralistes, spécialistes, libéraux et hospitaliers.
Résultats Deux cent quatorze sujets étaient dépistés en 2 ans, dont 75,7 % VHC+ (n = 162) et 24,3 % AgHBs+ (n = 52), avec respectivement un sexe ratio de 1,4 et 2,1, et un âge moyen de 52,5 et 35,3 ans. Les buveurs excessifs d'alcool étaient 3 fois plus nombreux chez les sujets VHC+. L'évaluation de la fibrose était réalisée chez 24,5 % des sujets VHC+, parmi lesquels 84,2% par méthode non invasive (60,5 % fibrotest, 23,7 % fibroscan), et chez 26,9 % des sujets AgHB+ parmi lesquels 71,4 % par biopsie. Hépatite C Le taux d'incidence annuel moyen était de 12,5/100000. Les bilans systématiques représentaient le premier motif de prescription de sérologie C (54,4 %) suivis des anomalies clinico-biologiques (25,2 %) et des facteurs de risque (20,4 %). Les principaux modes de contamination étaient l'usage de drogue (31,6 %), la transfusion sanguine (26,3 %) et l'exposition nosocomiale (21,8 %). Le génotype 1 était prédominant (64,4 %) puis les génotypes 3 (15,3 %) et 2 (11,9 %). Hépatite B Le taux d'incidence annuel moyen était de 4/100000. Le dépistage était principalement réalisé lors de bilans systématiques (60,7 %), 35,7 % d'anomalies clinico-biologiques et 3,6% sur facteurs de risque. La transmission verticale ou dans l'enfance représentait 49,1 % des modes de contamination, probablement en raison d'un fort contingent de migrants d'origine africaine sub-saharienne (65,4 %), suivie des comportements sexuels à risque (18,2 %). Co-infections Quatre patients étaient co-infectés (2 %) dont 2 VHC/VHB, 1 VIH/VHB et 1 VIH/VHC.
Conclusion En 2004-2005, dans les hépatites B et C, le dépistage est plus systématique que ciblé sur les facteurs de risque. L'évaluation de la fibrose se fait principalement par la biopsie hépatique pour le VHB et par les méthodes non invasives pour le VHC, ce qui pourrait permettre d'améliorer l'acceptabilité de la prise en charge spécialisée. Ce registre a permis de caractériser les patients nouvellement dépistés pour les hépatites B et C, d'apprécier l'impact des campagnes de dépistage et la prise en charge des patients en population générale.
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