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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 20 mars 2006
Poster


Réduire le stress oxydatif par l'allopurinol chez les patients atteints de cirrhose : une piste à suivre ?

L Spahr (1); S Bresson-Hadni (1); P Ammann (1); I Kern (1); O Golaz (1); JL Frossard (1); A Hadengue (1);

(1) Geneve - SUISSE


Mots clés :
43 Cirrhose
16 Biologie De L'entérocyte,Transport Épithélial, Absorption

Introduction

En cas de cirrhose, la perméabilité intestinale augmente avec la gravité de l’insuffisance hépatique, et plus particulièrement chez les patients qui ont présenté une péritonite bactérienne spontanée. Ce trouble de la perméabilité est impliqué dans la translocation bactérienne et dans l’endotoxinémie, un puissant inducteur de la production hépatique de cytokines pro-inflammatoires. Lors de cirrhose expérimentale, la muqueuse intestinale est le siège de lésions oxydatives associées à une surexpression de la xanthine-oxidase (Hepatology 2002 ; 35 : 622) . But  : évaluer la tolérance et les effets de l’allupurinol (inhibiteur de la xanthine-oxidase) sur la perméabilité intestinale, le stress oxydatif, et les taux circulants de cytokines proinflammatoires influencées par l’endotoxinémie chez des patients atteints de cirrhose.

Patients et Méthodes

Nous avons inclus 19 patients (âge : 56.3 ans ; 19H/1F) avec cirrhose histologiquement prouvée (alcoolique : 16/19), associée à une hypertension portale (pression portale : 18 mmHg), une insuffisance hépatique (Child A : 4 ; B-C : 15) et à une ascite (12/19) . Une abstinence d’alcool> 2 semaines était requise. La perméabilité intestinale a été mesurée à l’aide du test au lactulose (Lac, 10 gr) et mannitol (Man, 5 gr), et exprimé en % de la dose retrouvée dans la collecte d’urine de 5h, sous la forme de rapport Lac/Man. Ce test a été aussi effectué chez 11 individus sains (contrôles) . Les dosages suivants ont été pratiqués à J0 et après 10 jours d’allopurinol 400 mg/j (J10) . Urines : rapport Lac/Man. Sérum : récepteur soluble du TNFa (sTNF-R1), IL-6, LBP (lipopolysaccharide-binding protein, un reflet de l’exposition à l’endotoxine) et le malondialdéhyde (MDA), témoin du stress oxydatif.

Résultats

la tolérance à l’allopurinol était excellente. Deux patients n’ont pu être examinés à J10 (décès sur infection, insuffisance hépatique) . On observait une diminution du MDA, ainsi qu’une tendance à la réduction de la perméabilité intestinale. Il existait une corrélation entre les variations (delta) de MDA et celles du test Lac/Man (r = 0.51, p < 0.05) . Résultats exprimés en moyenne + SEM. * p < 0.05 vs cirrhose

 

 

 

contrôles

 

 

Jour 0

 

 

Jour 10

 

 

Valeur p

 

 

Lac/Man

 

 

1.49 + 0.88*

 

 

2.16  + 0.19

 

 

1.9 + 0.18

 

 

0.12

 

 

MDA (pg/ml)

 

 

-

 

 

0.37 + 0.04

 

 

0.28 + 0.02

 

 

0.05

 

 

LBP (ng/ml)

 

 

-

 

 

49.1 + 3

 

 

48 + 3

 

 

0.87

 

 

IL-6 (pg/ml)

 

 

-

 

 

28.6 + 7.2

 

 

23.1 + 4.4

 

 

0.3

 

 

sTNF-R1 (pg/ml)

 

 

-

 

 

3232 + 429

 

 

2590 + 180

 

 

0.53

 

 

Conclusion

La perméabilité intestinale mesurée par le test urinaire Lac/Man est anormale en cas de cirrhose. Un traitement de 10 j par allopurinol est bien toléré, est associé à une diminution du stress oxydatif, et tend à réduire l’hyperperméabilité intestinale. Au vu de la corrélation entre l’évolution du stress oxydatif et la perméabilité intestinale, il serait intéressant de tester l’effet de l’allopurinol sur l’incidence de la péritonite spontanée qui est favorisée par la perméabilité intestinale anormale en cas de cirrhose.

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