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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

lundi 20 mars 2006
Communication Orale


Taux d'incidence standardisé de l'adénocarcinome pancréatique au cours de la pancréatite chronique héréditaire (PCH)

V Rebours (1); MC Boutron-Ruault (2); C Férec (3); M Schnee (4); F Maire (1); P Hammel (1); P Ruszniewski (1); P Lévy (1); Association des Pancréatites Chroniques Héréditaires (APCH)

(1) Paris - FRANCE
(2) Villejuif - FRANCE
(3) Brest - FRANCE
(4) La-Roche-Sur-Yon - FRANCE


Mots clés :
27 Pancréatites Chroniques
70 Pancréas Exocrine

Introduction

La PCH est due à une mutation autosomique dominante du trypsinogène cationique (PRSS1). La pancréatite chronique (PC) est un facteur de risque d’adénocarcinome pancréatique (AP) (SIR : 27) 1. La fréquence de l’AP au cours de la PCH est mal connue.

Buts : Calculer l’incidence de l’AP et chercher ses facteurs de risque au cours de la PCH dans une série exhaustive nationale française.

Patients et Méthodes

Une cohorte comprenant tous les pts atteints de PCH sur le territoire français a été constituée après avoir contacté tous les laboratoires de génétique (taux de réponse : 100%) et les gastroentérologues et pédiatres français (taux de réponse : 84%). Les critères d’inclusion étaient la présence d’une mutation du gène PRSS1 ou la présence d’une PC chez au moins deux apparentés au premier degré ou trois apparentés au second degré sans autre cause. Les mutations des gènes CFTR et de l’inhibiteur du trypsinogène de type 1 (SPINK1) étaient systématiquement cherchées. Le diagnostic d’AP était toujours prouvé histologiquement et la cause de décès cherchée.

Résultats

La cohorte comprenait 78 familles et 200 pts dont 181 vivants représentant 6673 personnes-années (nombre médian de générations : 3, hommes : 53%, alcoolisme : 5%, tabagisme : 34%). L’âge médian à l’inclusion était 30 ans (extrêmes : 1-84). Les mutations de PRSS1 étaient présentes ou absentes chez respectivement 68% et 32% (R122H : 78%, N29I : 12%, autres : 10%). De plus, une mutation de SPINK1 et CFTR était présente chez respectivement 13% et 2% des pts. La transmission de PRSS1 était maternelle chez 65%. 10 AP ont été diagnostiqués (6 H, 4 F) à un âge médian de 55 ans (extrêmes : 39-78). Le SIR des AP pour l’ensemble de la cohorte, pour les hommes et pour les femmes était respectivement de 87 (IC 95% : 42-113), 69 (25-150) et de 142 (38-225). A 50, 60 et 75 ans, le risque cumulé d’avoir un AP était respectivement de 11%, 16% et 49% chez les hommes et 8%, 22% et 55% chez les femmes. Ce risque chez les fumeurs et les non fumeurs était respectivement de 72% et 16% à 75 ans. Le tableau compare les caractéristiques des malades avec ou sans AP.
n= 200
avec AP
(n= 10)
sans AP
(n= 190)
P=
Mutation PRSS1
5
130
NS
Origine maternelle/paternelle
2/3
76/64
NS
Tabagisme
8
59
0,002
Paquets-années
30
10
0,01
Age médian des premiers symptômes de la PCH (années)
25
9
0,0001
Pancréatite aiguë
2
133
0,001
Diabète
8
43
0,0004

19 malades sont décédés dont 8 pts avec AP (42%, délai médian : 5 mois après le diagnostic). La cause du décès était connue chez tous les autres malades sauf 1.

Conclusion

Les pts atteints de PCH ont 87 fois plus de risque de développer un AP que la population générale en France ; ceci peut être en partie imputable à la longue durée d’évolution de la PC. Ce risque n’est pas lié au statut génétique de PRSS1 mais est fortement corrélé au tabagisme, au diabète et à l’absence de pancréatite aiguë. L’AP la première cause de décès de ces patients.

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