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Manifestations digestives et hépatiques associées au déficit immunitaire commun variable : étude collaborative française.
G Malamut (1); V Verkarre (1); F Suarez (1); JF Viallard (2); AS Lascaux (3); M Beaugrand (4); O Lambotte (5); Y Bouhnik (1); J Cosnes (1); D Béchade (1); D Dupont (1); JM Sabate (6); T Poynard (1); A Lavergne (1); M Ziol (4); N Cerf-Bensussan (1); R Jian (1); O Hermine (1); C Cellier (1); (1) Paris - FRANCE (2) Pessac - FRANCE (3) Créteil - FRANCE (4) Bondy - FRANCE (5) Le Kremlin-Bicêtre - FRANCE (6) Colombes - FRANCE Mots clés : 17 Malabsorption 20 Maladies Inflammatoires Intestinales : Clinique, Explorations, Traitement 50 Inflammation | ||||
Introduction
Les manifestations digestives et hépatiques associées au déficit immunitaire commun variable (DICV), hypogammaglobulinémie primitive liée à un déficit en immunoglobulines (Ig) IgG, IgA et/ou IgM, ont été peu étudiées. But de l'étude : préciser les caractéristiques phénotypiques et évolutives des pathologies gastro-intestinales (GI) et/ou hépatiques associées au DICV.
Patients et Méthodes
Cinquante sept malades avec un DICV et des manifestations hépatiques et/ou GI (groupe A) (27 femmes (F) /30 hommes (H) ; 36,2 14 ans) ont été identifiés dans 12 centres référents français. Les caractéristiques cliniques, biologiques, histologiques, immunologiques et évolutives ont été recueillies. Trois groupes contrôles ont été étudiés dans les mêmes centres : 18 malades avec un DICV sans symptôme digestif ou hépatique (groupe B) (9H/9F ; 27,3 15,6 ans), 12 avec un syndrome d'hyper-IgM (HIGM) (groupe C) (6H/6F ; 31,2 18 ans) et 11 patients avec une agammaglobulinémie liée à l'X (groupe D) (11H ; 23,1 6,8 ans).
Résultats
Dans le groupe A, des manifestations GI et/ou hépatiques ont révélé le déficit immunitaire dans 40 % des cas. Une diarrhée chronique était présente chez 95 % des patients avec des symptômes GI. Des anomalies biologiques hépatiques chroniques et des signes d'hypertension portale étaient présents chez respectivement 32 et 16 patients du groupe A. Les principales lésions histologiques du groupe A étaient : hyperplasie nodulaire régénérative (HNR) (n = 7), granulomatose hépatique (GH) (n = 9) (versus 2 GH et aucune HNR dans les groupes B et C), gastrite chronique (n = 22) avec atrophie fundique (n = 5), atrophie villositaire (AV) avec lymphocytose intra-épithéliale et fréquente raréfaction des plasmocytes du chorion (n = 18), hyperplasie folliculaire lymphoïde diffuse (HFL) (n = 19), maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) de type Crohn (n = 8) ou recto-colite hémorragique (n = 2) (versus aucune AV dans les groupes C et D et une MICI (type Crohn) dans le groupe D). Les malades du groupe A avaient, par rapport à ceux du groupe B, plus de maladies auto-immunes (p < 0,05), d'anomalies du phénotype lymphocytaire (n = 25, 83 %) et des taux d'Ig inférieurs avant substitution (n = 31). Le régime sans gluten (RSG) (n = 9) était inefficace chez 78 % des patients avec une AV alors que le budésonide (n = 5) permettait le contrôle de la malabsorption chez 80 % des patients avec une AV. Aucun cas de lymphome digestif ou de tumeur gastrique n'a été observé avec un suivi médian de10,1 8,4 ans.
Conclusion
Une AV résistante au RSG, une HFL diffuse, une GH et une HNR semblent être les manifestations digestives et hépatiques les plus fréquemment associées au DICV. Elles révèlent le déficit immunitaire dans près de la moitié des cas et la recherche d'un DICV doit être systématique dans le bilan étiologique de ces entités.
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