Posters |
||||||
|
||||||
HEMORRAGIES DIGESTIVES HAUTES CHEZ L'ENFANT, PLACE DES ANTI-INFLAMMATOIRES. ETUDE PROSPECTIVE DE 222 CAS (1) O Mouterde, (1) N Erreimi, (2) A Maherzi, (3) M Chaabouni, (4) J Sarles, (5) F Benhassine, (6) L Michaud, (7) O Issaine, (8) A Poujol, (9) M Meyer, (10) C Maurage, (10) JP Chouraqui, (10) E Autret Au nom du GFHGNP. (1) Hôpital Charles Nicolle 73031 Rouen Cedex (2) CHU de Tunis, Tunisie (3) CH de Sfax, Tunisie (4) Hôpital de la Timone, Marseille (5) Secteur de Bologhine, Alger (6) CHU de Lille (7) CHU d'Hussein-dey, Alger (8) CH d'Aix en Provence (9) CHU de Tours (10) CHU de Grenoble Mots clés : Les hémorragies digestives liées à l'utilisation d'anti-inflammatoires (AI) sont mal connues et sous-déclarées chez l'enfant : 2 cas déclarés en 6 ans pour une incidence estimée de 500 cas annuels. Une enquête prospective de un an a été menée en coordination avec les centres de pharmacovigilance, recensant les hémorragies digestives survenues avec ou sans AINS, avec recueil de données cliniques et paracliniques permettant de calculer l'imputabilité. Le but était de comparer les deux populations, de déterminer les âges, molécules et circonstances à risque. Sur la base du volontariat, 11 centres ont participé, pour 222 fiches (82 France dont 25 avec AI, 140 Maghreb dont 63 avec AI). Le sex-ratio n'était pas différent dans les deux groupes avec et sans AI, les enfants étaient âgés de 30 j à 16 ans, la tranche d'âge 2-4 ans était plus représentée dans le groupe AI (23 % vs 8 %), les enfants ont été hospitalisés dans 85 % (AI) et 82 % des cas, du fait de l'hémorragie dans 73 et 62 % des cas. Seuls 7,9 et 5,2 % des enfants n'ont pas eu d'endoscopie, celle-ci était plus précoce dans le groupe AI (79 % vs 50 % dans les 48 heures). Les antécédents d'ulcères familiaux étaient plus fréquents dans le groupe AI : 15,9 % vs 7,2 %, un contexte infectieux était logiquement noté dans 78 % vs 14.2 % des cas. La gravité des hémorragies avec AI était plus grande (52 % vs 28 % avaient au moins un critère de gravité). Les hémorragies étaient plus précoces en cas d'association d'AI. L'aspirine était prise seule dans 32 % des cas en France, 68 % au Maghreb, l'ibuprofène seul était reçu par 25,6 % des enfants, le niflumate par 17,9 %, contre 6,8 et 9 % au Maghreb. La situation du Maghreb reproduit la situation présente lors d'une précédente étude réalisée en France entre 1988 et 1996. L'ibuprofène tend à être progressivement plus représenté en France (40 % des enfants en recevaient lors de leur hémorragie). Les pourcentages respectifs d'aspirine et d'ibupofène par rapport aux chiffres de prescriptions, laissent penser à une même incidence d'hémorragie digestive. Les lésions avec AI étaient plus souvent gastriques, diffuses et ulcérées. Des séquelles (sténoses antrales) ont été décrites chez certains enfants. L'imputabilité de l'hémorragie est évaluée à I2, B3 (plausible). Cette étude n'a pas permis de calculer une incidence, du fait du mode de recrutement. Les hémorragies digestives sous AI chez l'enfant sont fréquentes, graves, peu déclarées aux centres de pharmacovigilance, elles touchent l'enfant jeune atteint de pathologies bénignes. L'introduction de l'ibuprofène et son utilisation large en première intention s'accompagne d'une modification de l'épidémiologie des hémorragies digestives hautes de l'enfant, qui fait suspecter une toxicité équivalente à celle de l'aspirine, et fait conseiller l'utilisation préférentielle du paracétamol en première intention. Gastroentérologie clinique & biologique 2001; 25, HS1, 0399-8320 |
| ©
SNFGE, |