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Société Nationale Française de Gastro-Entérologie Envoyer à un ami Imprimer

Résumé selectionné

Mardi 27 mars 2001
Séance plénière
B13

MICROLITHIASE BILIAIRE CHOLESTEROLIQUE SYMPTOMATIQUE ET CHOLESTASE CHRONIQUE : UN SYNDROME ASSOCIE A DES MUTATIONS DU GENE MDR3

 


(1) Service d'Hépatologie, Hôpital Saint-Antoine, Paris
(2) INSERM U402, Hôpital Saint-Antoine, Paris
(3) Laboratoire Commun de Biologie Moléculaire de la Fédération de Biochimie, Hôpital Saint-Antoine, Paris


Mots clés :
31 Lithiase Biliaire : Physiopathologie, Diagnostic
38 Métabolisme, Maladies Génétiques
32 Lithiase Biliaire : Traitement


Bases rationnelles et buts de l'étude


La lithiase biliaire cholestérolique a une composante génétique évidente. La protéine MDR3 est le translocateur des phospholipides dans la bile canaliculaire. Des mutations homozygotes non-sens de ce gène sont considérées comme responsables de la cholestase familiale progressive de type 3. Les phospholipides étant le principal transporteur et solvant du cholestérol dans la bile, nous avons pensé qu'il pourrait s'agir d'un candidat idéal susceptible d'expliquer certaines formes symptomatiques de lithiase biliaire cholestérolique, d'autant plus que celles-ci sont souvent associées à une cholestase sans qu'il soit mis en évidence d'obstacle cholédocien . De ce fait, nous avons recherché la présence de mutations du gène MDR3 chez des malades présentant une forme très symptomatique de lithiase cholestérolique.


Patients et méthodes


Nous décrivons six patients (2 hommes et 4 femmes âgés de 26 à 55 ans) ayant présenté une lithiase vésiculaire cholestérolique symptomatique associée à la présence de sludge intrahépatique et à une cholestase anictérique modérée d'évolution chronique. Le gène MDR3 a été étudié par RT-PCR puis séquençage direct chez les six malades. La bile a pu être analysée chez 2 patients.


Résultats


La présentation et l'évolution ont été remarquables pour les raisons suivantes : les symptômes (douleur biliaire et cholestase) sont apparus au cours d'une grossesse ou dans les suites d'une contraception orale chez 3 des 4 femmes, ils ont récidivé chez tous les malades après la cholecystectomie, l'échographie a montré la présence de matériel échogène au sein des petites voies biliaires intrahépatiques, le traitement par acide ursodesoxycholique a entrainé la disparition des anomalies cliniques et biologiques et a permis de prévenir la récidive, y compris au cours des grossesses ultérieures. L'analyse de la bile a montré une sursaturation de la bile en cholestérol associée à une concentration basse de phospholipides (= 6 mmol/L). Une mutation du gène MDR3 a été mise en évidence chez tous les patients : une mutation non-sens hétérozygote induisant un codon stop chez 2 patients ; une mutation faux sens homozygote chez 3 patients et une mutation faux sens hétérozygote chez un patient. Toutes ces mutations intéressaient un acide aminé conservé important pour l'activité biologique de la protéine.


Conclusions


Nos résultats suggèrent que des anomalies du gène MDR3 représentent un facteur de risque génétique impliqué dans certaines formes symptomatiques de lithiase biliaire. Des études sont maintenant nécessaires sur une plus large population pour déterminer la prévalence exacte et le rôle d'anomalies du gène MDR3 dans la maladie lithiasique biliaire symptomatique ou non.


Gastroentérologie clinique & biologique 2001; 25, HS1, 0399-8320

 

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