© SNFGE, 2010
Evaluation prospective, multicentrique, à 1 an de la fissurectomie en France
L Abramowitz
Intestin, coloproctologie, incluant la motricité, hors cancérologie
Engagement de cession de droits
L. Abramowitz (1), D. Bouchard (2), M. Souffran (3), F. Devulder (4), A. Castinel (2), G. Staumont (5), D. Soudan (1), J.-M. Suduca (5), F. Pigot (2), P. Guyot (6), R. Ganansia (1)
(1) Paris; (2) Talence; (3) Nantes; (4) Reims; (5) Toulouse; (6) Lyon.
CREGG
Introduction

La fissure anale est la 2 ème pathologie anale par sa fréquence après les hémorroïdes. La sphinctérotomie latérale en est le traitement chirurgical de référence dans la littérature internationale. En France, beaucoup d'opérateurs réalisent une fissurectomie +/- anoplastie (recouvrement par la muqueuse rectale) pour éviter le risque d'incontinence anale mais sans réelle validation scientifique. Le but de notre étude est d'évaluer les résultats à un an de la fissurectomie.

Patients et Méthodes

La participation à l'étude a été proposée par 10 proctologues chirurgicaux Français à tous les patients porteurs d'une fissure anale chronique devant bénéficier d'une fissurectomie sans sphinctérotomie, de janvier 2007 à juin 2008. Les patients ont systématiquement été évalués avant intervention, 3 mois et 1 an après, par questionnaires remplis par l'opérateur et le patient.

Résultats

284 patients âgés, en moyenne, de 45 ans (18-79) ont accepté ce suivi durant cette période. 51% étaient des femmes : 74 avaient accouchées (21 forceps et 18 déchirures périnéales). Les principales indications étaient : 242 patients avec échec du traitement médical, 12 après sclérose, 7 après une précédente chirurgie pour fissure. 77 patients étaient colopathes : 15 diarrhéiques, 62 constipés et 43 dyschésiques. 6 patients étaient HIV+. La douleur anale médiane était de 5/10 (0-10) avant la chirurgie.
A 3 mois, 277 patients (98%) ont été évalués, 60 avaient bénéficié d'une fissurectomie seule (dont 16 infectées avec fistule basse) et 217 avec anoplastie. Morbidité : 3 sondages pour rétention urinaire, 3 infections locales, 1 fécalome. Il n'y a eu aucun saignement imposant une reprise chirurgicale. Le délai médian de cicatrisation était de 8 (2-36) semaines avec une tendance pour une cicatrisation plus rapide lorsqu'elle était associée avec une anoplastie : 7 semaines (2-36) vs 8 (2-20) (p = 0,07).
Lors du recueil à plus d'un an, 214 (75%) patients ont été évalués (70 non évalués avec caractéristiques préopératoires idem des évaluées). Les scores médians de Vaisey et de Wexner était respectivement de 2/24 (0-18) et 1/20 (0-14) avant et de 3 (0-18) et 2 (0-13) après l'opération (NS). Le score de constipation (KESS) médian était de 8 (0-31) avant intervention et de 5 (0-27) après (p < 0.001). Les scores résumés physiques et psychiques du SF-36 étaient significativement meilleurs, après cicatrisation et à un an qu'en pré-opératoire. Enfin, la gène anale évaluée sur EVA est passée de 4.9/10 (0-10) avant la chirurgie à 0,10 (0-9,9) 1 an après (p<0,05).

Conclusion

Cette série, qui est la plus importante sur la fissurectomie, démontre que cette technique permet de cicatriser les fissures chroniques dans tous les cas, sans altérer la continence anale.

Remerciements, financements, autres

Laboratoires Pierre Fabre et société Clin Search.