| © SNFGE, 2010 |
La transplantation hépatique en procédure accélérée améliore la survie en cas d'hépatite alcoolique aiguë sévère non répondeuse à la corticothérapie H Castel Foie, cancer du foie Engagement de cession de droits H. Castel (1), C. Moreno (2), T.-M. Antonini (3), J.-C. Duclos-Vallée (3), J. Dumortier (4), V. Leroy (5), G.-P. Pageaux (6), S. Dharancy (1), E. Boleslawski (1), V. Lucidi (2), C. Letoublon (5), O. Boillot (4), V. Donckier (2), D. Samuel (3), F.-R. Pruvot (1), P. Mathurin (1) (1) Lille; (2) Bruxelles, Belgique; (3) Villejuif; (4) Lyon; (5) Grenoble; (6) Montpellier. Objectif Dans l'hépatite alcoolique sévère, les non répondeurs à la corticothérapie (NRS) ont une mortalité élevée à 6 mois. La plupart des décès survenant durant les 2 premiers mois, seule une transplantation hépatique en procédure accélérée pourrait être efficace. Cette option controversée, remettant en question la règle des 6 mois d'abstinence, n'a jamais été testée. Objectifs : A/ Démontrer que la transplantation hépatique en procédure accélérée améliore la survie des NRS. B/ Evaluer le taux de rechute de la maladie alcoolique chez des NRS rigoureusement sélectionnés. Matériels et Méthodes Cinq centres ont transplanté des patients NRS, présentant une hépatopathie antérieurement méconnue, sélectionnés selon les critères suivants : consensus absolu de l'équipe médico-chirurgicale, absence de comorbidités, bon support socio familial. Les NRS étaient définis par une aggravation après de 7 jours de corticothérapie (score de Lille ≥0.45 ou augmentation de la bilirubine). Chaque NRS transplanté (NRT) était apparié à 1 NRS non transplanté (NRNT) sur l'âge, le sexe, le score de Maddrey et le score de Lille. La rechute de l'alcoolisation post-greffe était définie par la reprise d'une seule unité d'alcool. Résultats A/ 22 NRS étaient listés durant les 15 jours suivant l'identification de la non réponse (13-27 jours) : âge = 47.4 ans (42.4-54), créatinine = 71 µmol/l (53-131), MELD = 30 (27.5-34.8), DF = 70.5 (57.4-102), score de Lille = 0.88 (0.81-0.97). Avant la greffe, 9 (53%) patients étaient traités pour infection et 6 (29%) pour syndrome hépatorénal. Pendant le temps d'attente sur liste, 2 patients sont décédés et 2 ont amélioré leur fonction hépatique. Dix-huit ont été greffés dans un délai médian de 9 (5-13) jours suivant l'inscription sur liste. La survie à 6 mois des patients NRT était de 83.3±8.7%. Les 3 décès post greffe étaient tous dus à une aspergillose (délai médian de 29.7 jours). Dans l'étude cas-contrôles, il n'y avait pas de différence entre les 18 patients NRT et les NRNT en termes de sexe (59 % d'hommes), d'âge (47.5 ans [42.4-54] vs 49.5 [46-53], p = 0.58), de score de Maddrey (70.5 [57.4-102] vs 75.5 [61-88], p = 0.7) et de score de Lille (0.88 [0.73-0.97] vs 0.83 [0.69-0.96], p = 0.64). La survie à 6 mois était meilleure dans le groupe NRT que dans le groupe NRNT : 83.3±8.7% vs 44.4±11.7%, p = 0.009. Chez les NRNT, 50 % des décès étaient survenus durant le 1 er mois et 90 % avant 2 mois. B/ Aucune rechute de l'alcoolisation n'était observée à 1 an post greffe, et un seul patient rechutait 917 jours après la greffe (consommation de 10g d'alcool trois fois par semaine). Conclusion La transplantation hépatique en procédure accélérée pourrait être une alternative thérapeutique chez les patients atteints d'hépatite alcoolique non répondeurs aux stéroïdes, et présentant un 1 e épisode de décompensation d'hépatopathie. Bien que remettant en cause la règle des 6 mois d'abstinence, nos résultats légitiment une évaluation prospective chez des patients rigoureusement sélectionnés. |